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25 September 2017

"MURIEL OU LE TEMPS D’UN RETOUR" - Mardi 3 octobre 2017, 20h30, Théâtre des Variétés, Monaco

En partenariat avec la Fondation Prince Pierre de Monaco, les Archives audiovisuelles proposent chaque année depuis 2004, une projection où sont réunis des documents d’archives et un long métrage adapté de l’œuvre d’un écrivain qui a obtenu le prix littéraire de la Fondation. Hommage est rendu cette année à Jean Cayrol, prix littéraire de Monaco en 1968.

Première partie : Programme d’archives "MURIEL OU LE TEMPS D’UN RETOUR", Alain Resnais (1963)

France, 1963, couleurs, 116 minutes

Réalisateur : Alain Resnais. Scénario et dialogues : Jean Cayrol. Image : Sacha Vierny. Son : Antoine Bonfanti. Décors : Jacques Saulnier. Costumes : Lucilla Mussini. Montage : Kenout Peltier, Eric Pluet.

Musique : Hans Werner Henze. Production : Argos Films, Dear Film Produzione, Alpha Productions, Les Films de la Pléiade. Avec : Delphine Seyrig (Hélène Aughain), Jean-Pierre Kérien (Alphonse Noyard), Nita Klein (Françoise), Jean-Baptiste Thierrée (Bernard Aughain), Laurence Badie (Claudie), Claude Sainval (Roland de Smoke), Jean Champion (Ernest), Martine Vatel (Marie-Dominique), Nelly Borgeaud (L’acheteuse), Jean Dasté (L’homme à la chèvre), Philippe Laudenbach (Robert).

HISTOIRE : Veuve de quarante ans, Hélène Aughain vit à Boulogne-sur-Mer avec Bernard, son beau-fils, qui revient de la guerre d’Algérie. Leur appartement est transformé en dépôt de meubles anciens dont elle fait commerce. Sentant que son existence est devenue trop quotidienne, Hélène a soudain envie de revoir celui qui fut son amour de jeunesse, Alphonse. Elle lui écrit. Il accepte l’idée de cette rencontre avec nonchalance et vient s’établir chez elle, en compagnie de Françoise, sa maitresse, jeune comédienne qu’il présente comme sa nièce.

CRITIQUE : Muriel , ou, comme il est dit, le temps d’un retour – d’un retour aux sources : admirons comment, pour la première fois, un auteur de films nous conduit à l’extrême lisière du dépaysement total (et cela avec des moyens qui ne doivent à aucun autre art que le cinéma) ; comment il sait nous faire basculer, sans que nous y prenions garde, de la rêverie dans l’atroce, et nous persuader surtout que la réalité est aussi rapidement sollicitée par l’onirisme que le songe démystifié par le dur corps à corps avec la vie (faut vieillir, faut mourir…) ; comment il parvient à nous imposer physiquement l’hallucinante présence d’un spectre (Muriel) et donne en revanche les couleurs de la poésie la plus diaphane à un visage humain (celui de Delphine Seyrig), qu’il ne flatte pas pour autant ; comment enfin il nous apprend à parler, à mi-chemin des lancinantes atteintes du vieillissement et de la nostalgie irrépressible des images d’autrefois, de cette chose fugitive et précieuse entre toutes qui s’appelle le bonheur.

Claude Beylie in Midi-Minuit fantastique n° 8, janvier 1964

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