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13 April 2018

"Une jeunesse allemande" de Jean-Gabriel Périot - Mardi 24 avril 2018, 20h30, Théâtre des Variétés

En première partie, l’instantané ‘‘Monaco en films’’ et un court métrage : "Eut-elle été criminelle" de Jean-Gabriel Périot [Couleurs et noir et blanc • 10 minutes.]

France, été 1944, la libération : une foule en liesse exprime sa joie après cinq années d’occupation faite de privations, de souffrances et d’humiliations. Périot nous fait alors découvrir l’envers du décor, celui qui ne se trouve pas dans les manuels d’histoire et s’arrête sur des images d’archives qui dérangent et font honte : la tonte des femmes accusées de collaboration avec l’occupant allemand...

UNE JEUNESSE ALLEMANDE de Jean-Gabriel Périot (2015)​France, noir et blanc et couleurs, 93 minutes.Réalisation, scénario et montage : Jean-Gabriel Périot. Collaboration à l’écriture : Anne Paschetta, Pierre Hodgson, Nicole Brenez. Image : Thierry Beaumel. Montage son : Etienne Curchod. Musique originale : Alan Mumenthaler. Directrice de production et documentation : Emmanuelle Koenig. Production : Local Films, Alina Films, Blinker Filmproduktion.

L’ARGUMENT : La Fraction Armée Rouge (RAF), organisation terroriste d’extrême gauche, également surnommée ‘‘la bande à Baader’’ ou ‘‘groupe Baader-Meinhof’’, opère en Allemagne dans les années 70. Ses membres, qui croient en la force de l’image, expriment pourtant d’abord leur militantisme dans des actions artistiques, médiatiques et cinématographiques. Mais devant l’échec de leur action, ils se radicalisent dans une lutte armée, jusqu’à commettre des attentats meurtriers qui contribueront au climat de violence sociale et politique durant ‘‘les années de plomb’’.

CRITIQUE : Voilà quinze ans que Périot traite dans ses courts métrages de la violence politique, à partir de divers matériaux d’archives, en premier lieu les films. A l’instar de ses brillants aînés Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi, une religion gouverne son cinéma de montage : l’absence de voix off. La parole est donc, pour ainsi dire, aux images, et à la main qui, silencieusement, les assemble de manière à en tirer un récit, une émotion, une réflexion, une relecture de l’histoire. C’est à quoi ce film travaille également, puisant son iconographie dans une période dont le film a pour premier mérite de rappeler le contexte, comme depuis l’intérieur des images et donc de la société allemande. (…) Voilà au bout du compte, un film qui nous parle d’enfants qui se sont sentis trahis par leurs pères, et qui les ont finalement rejoints dans l’abjection et l’indignité inexplicables dont ils les tenaient pour responsables. Toutes choses sur lesquelles nos gouvernants devraient méditer, eux qui récolteront demain, ce qu’ils ont semé aujourd’hui.

Jacques Mandelbaum in Le Monde, 13 octobre 2015

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