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10 May 2016

Breaking the waves : anecdotes de tournage

 

 

Nos anecdotes, relatives au film "Breaking the waves" choisi par Jean-Christophe Maillot ; Chorégraphe-Directeur des Ballets de Monte-Carlo, que nous vous proposons ce mardi 10 mai à 20 h 30, au théâtre des variétés de Monaco :

"Breaking the Waves" est un projet ancien que Lars von Trier a eu quelques difficultés à monter, sans doute parce que résolument différents de ses premiers films. Il a été tourné à la fin de l’automne 1995 en partie en studio, à Copenhague, et en extérieurs sur l’île de Skye, au large de la côte nord-ouest de l’Écosse, une île aux paysages grandioses et tourmentés très prisée par les peintres et écrivains du romantisme anglais.

Fidèle à son ambition de recherche artistique qui l’avait conduit à édicter un an plus tôt, avec Thomas Vintenberg, un manifeste appelé "Dogme 95" dans lequel il écrivait son dégout du cinéma contemporain et affirmait tout un ensemble de règles à suivre pour casser les codes traditionnels de la mise en scène, Lars von Trier choisit Robby Muller, le chef opérateur attitré de Wim Wenders, pour assurer la photographie de "Breaking the Waves", caméra à l’épaule. Lars von Trier voulait que chaque nouvelle prise d’une même scène soit envisagée dans des conditions renouvelées, de manière à ce qu’aucune prise ne ressemble à celle qui précède. L’acteur était invité à chercher de nouvelles expressions ou intonations au point même de modifier la scénographie à travers l’improvisation. Robby Muller devait faire preuve d’une extrême souplesse devant ces changements spontanés des déplacements et des réactions des acteurs.

« La technique de tournage vient de mes expériences sur The Kingdom, explique Lars von Trier. Je reprends à peu près les mêmes procédés qui tiennent du cliché et c’est pour cela qu’il m’a semblé important de donner au film une forme aussi réaliste que possible. Une touche plus documentaire. Si on avait tourné Breaking the Waves avec une technique conventionnelle, je pense qu’on n’aurait pas supporté l’histoire. Normalement on choisit un style pour un film, afin de mettre en valeur le récit. Nous avons fait exactement le contraire. Nous avons choisi un style qui va à l’encontre du récit, lui enlevant justement toute possibilité de se mettre en valeur. »

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