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23 May 2016

Nostalgie de la Lumière, les anecdotes de tournage

 

Nos anecdotes, relatives au film documentaire "Nostalgie de la Lumière" que nous vous proposons ce mardi 24 mai à 20 h 30 au théâtre des Variétés :

« Je suis convaincu que la mémoire a une force de gravité. Elle nous attire toujours. Ceux qui ont une mémoire peuvent vivre dans le fragile temps présent. Ceux qui n’en ont pas ne vivent nulle part. Chaque soir, lentement, impassible, le centre de la galaxie passe au-dessus de Santiago. » Les derniers mots de "Nostalgie de la lumière" sont prononcés par la voix de son réalisateur, Patricio Guzmán. Né à Santiago du Chili en 1941, le cinéaste, qui est aujourd’hui l’un des documentaristes les plus reconnus au monde, a d’abord étudié le cinéma au Chili (1963-1966), puis à Madrid (1966-1969). Suite au coup d’État du général Pinochet en septembre 1973, il a été contraint de s’exiler en Espagne, à Cuba puis en France, où il s’est établi durablement. Son œuvre, en tant que producteur, réalisateur et scénariste, est profondément marquée par l’histoire de son pays.

Pour Patricio Guzmán, le documentaire ne constitue pas le strict reflet de la réalité mais laisse une place à la mise en scène : « Le cinéma documentaire est une forme de représentation, pas une fenêtre sur la réalité. Le fait de mélanger les genres, tendance ancienne dans la littérature et la musique d’Amérique latine, s’impose avec une certaine fréquence dans le cinéma documentaire de partout. Mélanger pour garantir la nouveauté. » Ses documentaires ne sont donc pas, à ses yeux, des films engagés au sens classique : le cinéaste se tient loin des pamphlets politiques filmiques et revendique avant tout une poésie concernée par les problèmes sociaux, afin de les transformer en œuvres au service d’un monde plus juste. Outre la production et la création de films, il a également à cœur de transmettre son savoir-faire au travers de cours et de séminaires. La mission pédagogique est l’une de ses préoccupations constantes : il faut transmettre la mémoire de son pays aux jeunes générations plongées dans l’amnésie imposée par les pouvoirs en place.

Dans "Nostalgie de la lumière", Guzman dissèque un curieux paradoxe qui se joue dans le désert d'Atacama : des astronomes du monde entier observent les étoiles, tandis que des femmes continuent de fouiller le sol exceptionnellement sec, à la recherche des corps de leurs parents, disparus pendant la dictature du général Pinochet. Ce parallèle entre ces deux activités tient autant du devoir de mémoire que de l'essai philosophique. Nostalgie de la lumière propose une réflexion métaphysique sur la place de l’homme dans le cosmos. Le film avance l’idée que « tout est relié », que les trajectoires des personnages convergent, que les hommes et les étoiles sont faits de la même matière. Les expériences de chaque personnage nous touchent car elles reflètent, par métonymie, l’histoire collective du Chili, ou au-delà, l’expérience humaine.

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