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04 December 2016

"Waati" de Souleymane Cissé : Les anecdotes

Voici nos anecdotes, relatives au film de Souleymane Cissé "Waati", que nous vous proposons le mardi 6 décembre prochain : 

Propos de Souleymane Cissé 
(extraits du dossier de presse original du film)
- Waati était un projet ambitieux.
"Oui, je tenais particulièrement à le mener à bien parce que je me sens profondément concerné par tous ces bouleversements, non seulement en Afrique du Sud, mais un peu partout dans le monde. Par conséquent, je voulais sortir des frontières du Mali."
- Précisez-nous votre volonté de situer votre film en Afrique du Sud, puis de vous déplacer sur le continent africain.
"En Afrique du Sud, la situation avait dépassé le stade du fascisme. Quand l’humiliation atteint un tel degré, il n’y a plus de repère. Il faut chercher à comprendre pourquoi cette humiliation est si profondément enracinée, pas seulement en Afrique du Sud, mais aussi sous différentes formes dans d’autres parties du monde. Je pense qu’il est notre devoir de faire la lumière sur ces problèmes, nous sommes tous concernés. On a toujours tendance à intervenir quand il y a eu déjà des milliers de morts au lieu de prévenir le danger et de porter secours aux vivants."
- Comment avez-vous souhaité charpenter votre scénario ?
"Je ne souhaitais pas traiter uniquement d’un problème de violence à travers l’apartheid, mais trouver une matière suffisamment évocatrice pour raconter une histoire que mes enfants et mes petits-enfants peuvent écouter, regarder et essayer de comprendre malgré leur jeune âge. Pas seulement mes enfants, mais aussi les enfants d’Europe, d’Amérique ou d’Asie. La première partie traite de la crise d’une société dans ses aspects de violence morale et physique. J’ai voulu utiliser une narration classique dans un rythme enlevé, quasi haletant et des scènes violentes. La deuxième partie se déroule en Côte d’Ivoire et raconte la quête de connaissance d’une jeune fille qui n’avait dans son enfance pour environnement que la haine et la violence et qui découvre un nouvel univers social, culturel et politique. Nandi apprend à s’approprier cette autre dimension de l’Afrique. Et le rythme du film suit alors le rythme de l’apprentissage : il est plus doux, plus serein et surtout plus lent, car il marche au pas de l’acquisition de la connaissance et de la sagesse. La troisième étape est celle de la maturité. Nandi a appris à transcender sa condition individuelle pour élargir son combat à celui des autres peuples africains. Ainsi, partir pour secourir les déshérités qui meurent dans les sables du Sahara, revêt la même signification « politique » que sa lutte en Afrique du Sud. Nandi est alors mûre pour assumer son destin. Ce faisant, elle boucle de manière symbolique le cercle de la vie et de la connaissance."

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