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09 April 2018

"Plein soleil" de René Clément - Mardi 17 avril 2018, 19 heures, Grimaldi Forum de Monaco

Film restauré par Studio Canal et la Cinémathèque française avec le soutien du Fonds Culturel franco-américain"PLEIN SOLEIL" de René Clément (1960)

France, Italie, 1960, couleurs, 116 minutes.

Réalisation : René Clément. Scénario et dialogues : René Clément, Paul Gégauff, d’après le roman Monsieur Ripley de Patricia Highsmith. Image : Henri Decae. Son : Jean-Claude Marchetti. Musique originale : Nino Rota. Décors : Paul Bertrand. Costumes : Bella Clément. Montage : Françoise Javet. Production : Paris Film Production, Titanus.

Avec : Alain Delon (Tom Ripley), Marie Laforêt (Marge), Maurice Ronet (Philippe Greenleaf), Elvire Popesco (Madame Popova), Erno Crisa (l’inspecteur Riccordi), Frank Latimore (O’Brien), Billy Kearns (Freddy Mills), Ave Ninchi (Gianna), Viviane Chantel (la touriste belge), Nerio Bernardi (le directeur de l’agence), Lily Romanelli (la serveuse), Nicolas Petrov (Boris).

L’HISTOIRE : Un milliardaire américain, Greenleaf, a envoyé en Italie un certain Tom pour qu’il ramène en Amérique son fils, Philippe, lequel mène une existence aussi dorée qu’inutile, en compagnie de sa maîtresse, Marge. Si Tom réussit, il touchera cinq mille dollars. Philippe méprise Tom et ne cesse de l’humilier. Ce dernier comprend qu’il ne décidera jamais Philippe à revenir. Peu importe, Tom a maintenant de plus gros appétits encore. Il brouille Philippe et Marge puis, seul à bord d’un yacht avec le jeune oisif, le tue et le jette à l’eau. Il maquille le passeport de Philippe, copie sa signature puis vide son compte en banque...​

LA RESTAURATION DU FILM : Plein Soleil a fait l’objet d’une numérisation en résolution 4K d’après un interpositif en bon état, tiré entre 1959 et 1960 à partir du négatif original Eastmancolor. Un travail de nettoyage sur palette graphique (avec les logiciels Phoenix, Da Vinci Revival, Diamant) a permis d’enlever les poussières, et les quelques rayures physiques de l’élément, ainsi que le pompage de certaines scènes provoqué par le vieillissement de l’émulsion. Cette restauration a essentiellement consisté en la restitution, la plus fidèle qui soit, de la lumière et des couleurs d’origine. Henri Decaë a en effet tourné avec un négatif Eastmancolor 5250, en format 1.66:1, à une époque où les tournages en couleur n’étaient pas encore systématisés dans les productions françaises. Chef opérateur ‘‘à qui l’on peut tout demander’’ selon René Clément, Henri Decae considérait que la couleur donnait ‘‘plus de possibilités’’ comparé au travail en noir et blanc, ‘‘pour autant que le cinéaste sache s’en servir’. Ancien architecte et étudiant aux Beaux-Arts, Clément dessine bien souvent ses propres décors tout en choisissant les accessoires, et confie s’être inspiré de la palette de Braque pour son premier film en couleur : Un barrage contre le Pacifique, réalisé en 1958. Le cinéaste approfondit par la suite la dramaturgie de la couleur dans Plein Soleil puisqu’il utilise celle-ci comme élément rythmique, qui ‘‘sert de contrepoint à la violente immoralité des personnages’. Les tonalités primaires vives (le rouge, jaune et bleu cyan) apparaissent régulièrement associées dans un même plan à travers des accessoires, des décors ou dans la nature, et s’agencent comme des imbrications abstraites rappelant les compositions de Mondrian. Les orientations graphiques du film dans la composition de l’image font d’autant plus écho au générique animé et conçu par Maurice Binder. Quelques faux raccords lumière sur les scènes du bateau ont été conservés, en prenant pour référence l’étalonnage d’un positif 35mm issu directement du négatif original, élaboré en 1990 du vivant de René Clément. La bande sonore d’origine, enregistrée sur Westrex, a été restaurée d’après un négatif son, avec le système Chace Audio utilisé par le laboratoire L’Immagine Ritrovata à Bologne en Italie – cet outil étant unique en Europe. À propos de son travail sur le son, Clément prend pour référence le travail de Jean Epstein sur Le Tempestaire (1947), dans lequel interviennent des effets de ralentis et d’accélérations sonores afin de créer un sentiment d’étrangeté. La musique de Nino Rota, compositeur de renom qui travailla pour Fellini ou Coppola, agit en effet en contrepoint dans Plein Soleil, comme une mélodie irrémédiablement joyeuse anticipant la destinée tragique des personnages. L’utilisation frénétique des mandolines napolitaines qui ouvrent et closent le film semblent presque ironiques face aux imprévus qui détruiront Tom Ripley.

Béatrice Valbin-Constant, directrice du pôle patrimoine d’Eclair Group et Céline Ruivo, directrice des collections films de la Cinémathèque française, responsables de la restauration.​

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