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26 October 2018

"Vertigo" en version restaurée : Mardi 6 novembre 2018, 20heures, Théâtre des Variétés, Monaco

VERTIGO Alfred Hitchcock (1958)

Vertigo • États-Unis, 1958, couleurs, 123 minutes. Réalisation : Alfred Hitchcock. Scénario : Alec Coppel, Samuel A. Taylor, Alfred Hitchcock, Maxwell Anderson, Angus McPhail d’après le roman D’entre les morts de Pierre Boileau et Thomas Narcejac. Images : Robert Burks. Son : Winston H. Leverett, Harold Lewis. Musique : Bernard Herrmann. Direction artistique : Henry Bumstead, Hal Pereira. Décors : Sam Comer, Frank R. McKelvy. Costumes : Edith Head. Montage : George Tomasini. Générique : Saul Bass. Effets spéciaux : John P. Fulton, Farciot Edouart, W. Wallace Kelley. Production : Paramount Pictures. Avec : James Stewart (John Ferguson, dit Scottie), Kim Novak (Madeleine Elster, Judy Barton), Barbara Bel Geddes (Marjorie Wood, dite Midge), Tom Helmore (Gavin Elster), Henry Jones (le coroner), Raymond Bailey (le médecin), Ellen Corby (la gérante de l’hôtel McKittrick), Konstantin Shayne (Pop Liebl), Paul Bryar (le capitaine Hansen), Margaret Brayton (la vendeuse), William Remick (le porte-parole du jury), Julian Petruzzi (la fleuriste), Sara Taft (la religieuse).

L’HISTOIRE : John Ferguson, sujet au vertige depuis la mort d’un de ses camarades tombé d’un toit, a donné sa démission à la police. Un certain Gavin Elster lui propose une mission : surveiller sa femme Madeleine qui, d’après ses dires, est atteinte d’une maladie nerveuse et veut se suicider. Frappé par la beauté de Madeleine, Ferguson accepte. L’étrange conduite de Madeleine laisse supposer qu’elle change de personnalité et réincarne son arrière-grand-mère que la folie a poussé à se suicider, puis revient à son état naturel sans se souvenir de rien.

CRITIQUE : De tous les films d’Hitchcock, Vertigo est sans doute celui qui a le plus sollicité l’exégèse. Jean Douchet dans sa célèbre glose, parle d’une ‘‘lente traversée des apparences’’, à l’implication ésotérique, débouchant sur une sorte de quête de l’absolu. Éric Rohmer y voit une brillante illustration de la théorie platonicienne des idées, corroborant de façon lumineuse les hypothèses précédemment échafaudées dans son livre. Barthélémy Amengual rapproche le film du mythe de Tristan, tandis que Noël Simsolo en fait un ‘‘poème d’amour fou’’, une ‘‘création complexe et fascinante’’ qui piège le spectateur, par quelque biais qu’il l’appréhende. Si l’on ajoute à cela la difficulté extrême qu’il y a à revoir ce film en France (en dehors de quelques cinémathèques privilégiées), par suite d’obstacles juridiques momentanément infranchissables, on peut dire que tout concourt à faire de Vertigo une œuvre mythique, auréolée d’énigmes et objet de culte. On est tenté de l’apparenter à La Femme au corbeau, à Pandora, à La Nuit du chasseur. Tout se passe comme si la magie cinématographique s’y était cristallisée, à l’état pur.

Claude Beylie in Cinématographe n° 59, juillet 1980.

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